Agriculteurs : ils sont bien déterminés….

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Laurence Corson et moi-même, en qualité de conseillers départementaux d’un canton concerné, sommes allés à la rencontre des manifestants, comme nous l’avions fait en juillet dernier. Une manifestation supplémentaire qui vient rappeler que rien n’est réglé.

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Au-delà de la colère d’une profession, ou plutôt de filières de la profession, reste aux collectivités à gérer les dépôts sur les 4 voies, routes départementales, communales et autres ronds points. Le président Bernard Hamon a fait preuve de solidarité en autorisant le Département à déposer sur un terrain de Guingamp Communauté l’ensemble des déchets ( versés sur les ronds points de kernilien, kerhollo…) afin d’être triés avant d’être traités…

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Les manifestations passées et à venir interpellent tout un chacun. Régulièrement, les agriculteurs bretons manifestent leur colère, leur désarroi avec à chaque fois un degré supplémentaire franchi dans la désespérance. Rien n’y fait : les rustines apportées par les gouvernements successifs calment le jeu pour un temps sans régler les problèmes de fond : des volumes de production toujours plus grands et des prix à la baisse quasi constante.
Le modèle agricole breton ne va pas bien. « On est resté dans une logique de volumes et de premier prix » dit Dominique Raulo, porte-parole de la Confédération paysanne (OF 22/01/206). « On en paye aujourd’hui les conséquences. On a manqué d’imagination sur le plan commercial ».
Un constat partagé par la profession : depuis la fin des quotas, depuis la fin des régulations au sein de l’Europe, c’est une compétition sans pitié entre les Etats producteurs.

Parmi les revendications, l’une d’entre elles semble fait le consensus : l’étiquetage de tous les produits transformés (mention d’origine de chaque plat préparé, sans oublier la charcuterie) et du lait. Aujourd’hui seules les viandes fraîches françaises (= 30 % de la production) font l’objet d’une traçabilité suite aux derniers mouvements paysans.

Le principe est simple : permettre au consommateur de savoir ce qu’il mange et de faire son choix en conséquence. Les élus ont sans doute à se positionner clairement pour « secouer » leurs administrés et faire rejaillir en eux la « fibre française » et celle des circuits courts censées sauvegarder les emplois paysans et des emplois enduits (agro-alimentaire, coopératives, vétérinaires, entreprises d’équipements agricoles….

Sera-ce suffisant ? J’ai le sentiment qu’une vague de solidarité est possible tellement les enjeux sont énormes et les risques de faillite d’un agri sur 10 réels dans les semaines à venir….

Nombreux sont ceux qui rappellent aussi les effets de leviers de la restauration collective… A commencer par le Département des Côtes d’Armor qui généralise aujourd’hui une plateforme internet « Agri local » permettant de mettre en contact les cuisiniers gestionnaires (qui décident des plats à préparer) des collèges, écoles, EHPAD … C’est avant tout une mesure forte de sens mais ne rêvons pas, bien que nécessaire, elle ne sera pas suffisante… Pour autant la

De 2008 à 2012, Membre du SIRESCOL (syndicat de restauration collective) de Lanvollon (plus de 1200 repas quotidiens y sont préparés pour les écoles de Guingamp, Lanvollon, Etables, Kerfot… etc…) j’ai mesuré très vite le « pouvoir » des cuisiniers gestionnaires en charge des commandes des denrées. Bien souvent les centrales d’achats sont privilégiées (Bourguignon et autres…) mais, au prix de concertations et de dialogues que j’ai pu conduire, les comportements ont changé…. J’ai vu évoluer des réflexes du type : commander des fraises d’Espagne en février « pour faire plaisir aux gosses » à privilégier des pommes produites à 10 km des cuisines… Tout est possible.

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