« A la vérité, nous sommes tous bi… » Un livre pour ce week-end ? Il est tout trouvé !!

Un blog permet de partager ses envies, ses coups de coeur, ses coups de gueule… J’ai lu, il y a quelques semaines déjà, un livre dont j’ai envie de faire la promotion. A un an des élections présidentielles, il apparaît d’autant plus pertinent et visionnaire : « Et si on arrêtait les conneries – plaidoyer pour une révolution politique » (fayard) : morceaux choisis…

couverture

Cohn-Bendit et Algalarrondo y démontre l’urgence de « régénérer la démocratie française (…) en donnant la parole au peuple , pour qu’il puisse se réapproprier les institutions. Et permettre la constitution de majorité en mesure de faire le job ». Les auteurs, dans un bouquin qui se lit très facilement, font un plaidoyer pour un futur gouvernement de coalition en 2017, sur le modèle allemand, après que les citoyens aient donné leur accord, moyennant un referendum, sur l’introduction de la proportionnelle aux prochaines législatives.

En espérant vous donner envie, je vous propose quelques extraits choisis (mon préféré étant le dernier, p. 167  :sticker-smiley-clin-d-oeil

 

p. 24 : « La réalité, c’est que le FN se nourrit au premier chef non pas d’une supposée complicité entre la gauche et la droite, mais de la guéguerre permanente entre elles, qui débouche sur une paralysie mutuelle. Dès que l’une est au pouvoir, l’autre ne pense qu’à entraver son action, dans l’espoir d’un retour de balancier…

p. 28 : « Marine Le Pen a raison : depuis plus de vingt ans, l’ex-UMP et le PS forme de manière souterraine un bloc compact, homogène; Le PS et le Front de Gauche ont beaucoup moins en commun ».

p. 30 : La France n’arrive pas à se réformer depuis quinze ans parce que les gouvernements « d’en haut » sont sans majorité « en bas ». Partager les responsabilités pour les exercer vraiment, telle serait la grande vertu d’un gouvernement de coalition ».

p. 43 : « la lourde faute de 2001 » : à cause de la dissolution de 1997, le mandat des députés allait arriver à échéance quelques semaines avant l’élection présidentielle. Les élections législatives menaçaient de la reléguer, sinon au rang de formalité, du moins au rang d’élection de seconde zone. (…) Pour nombre de constitutionnalistes (..), l’élection présidentielle devait être placée peu avant les législatives (…) L’élection présidentielle a, certes, été préservée, ô combien ! Mais ce sont les élections législatives qui sont devenues une simple formalité. Elles ont été cannibalisées par la présidentielle. La France a désormais un Parlement élu de façon automatique, en fonction de la couleur du président nouvellement en place. A chaque fois se reproduit le même scénario : les partisans du gagnant restent mobilisés, tandis que les partisans du (et des) battu(s) se démobilisent. Et cette abstention différentielle aboutit,mécaniquement, à la confirmation du résultat de la présidentielle.

p. 46 : En 2012 (..) au premier tour, le candidat du PS, François hollande, n’a pas atteint la barre des 30 %. Son compteur est resté bloqué à 28,6 %. Après son élection au second tour, le PS a néanmoins obtenu aux élections législatives une majorité absolue de députés : 290, soit 50,3 % des sièges. 28,6 =50,3 c’est l’équation de 2012.

p. 57 : « Désormais, c’est la fait « minoritaire » qui domine. Gauche et droite ne réunissent plus qu’une grosse minorité de l’électorat, tout en étant profondément clivées. Résultat : nos présidents bricolent , en sauvant plus ou moins les apparences. (..) Le vrai problème de l’asservissement des législatives à la présidentielle décidé en 2001, c’est qu’il est survenu à contretemps. Depuis 2002 et la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, la France est sortie de la bipolarisation.  La majorité au pouvoir ne correspond plus à la majorité dans le pays tout simplement parce qu’il n’y en a plus ! Ce qui rend les alternances largement artificielles, pour ne pas dire accidentelles.

p. 88 : Depuis Raymond Barre, pas un budget n’a été voté à l’équilibre, que la gauche ou la droite soit au gouvernement. Le laxisme budgétaire a des relents keynésiens, des relents seulement. L’économiste anglais prônait la relance par l’investissement public, pas par la dérive des dépenses de fonctionnement. Mais ce laxisme n’est pas une position identitaire spécifique à la gauche, ou alors il faudrait admettre que Chirac  et Sarkozy étaient des présidents de gauche…

p. 96 : « L’heure est à un compromis historique entre l’Etat et les entreprises, entre la nécessaire régulation de l’économie et le dynamisme du marché, entre la République et le libéralisme. Un compromis à construire avec les partenaires sociaux, tenus à tort en France pour des partenaires mineurs. La gauche social-démocrate et les Verts devraient d’autant plus assumer leur conversion à l’économie de marché  que l’opinion, y compris l’opinion de gauche, a largement amorcé cette conversion. Témoin ce sondage peu remarqué, réalisé à l’occasion de la Journée du livre économique, en novembre 2014. Ses résultats ont été publiés par le Monde dans un article titré : « La France réconciliée avec l’entreprise »; Le chapô du papier était encore plus explicite: « les français plébiscitent l’entreprise au-delà des clivages politiques ».

p. 115 : « Nous prônons un gouvernement de coalition pour que la France soit enfin, pour la première fois depuis le début du siècle, gouverné par un gouvernement majoritaire dans l’opinion. »

p.116 : Grand ami du Président Hollande, personnel et politique, Jean-Pierre Mignard a sorti à la fin 2014 un livre pour souhaiter la formation d’une coalition qui rassemble 60% des Français. »Je suis formel, a-t-il déclaré à cette occasion, gauche et droite ne peuvent plus régler les problèmes l’un sans l’autre », ajoutant :  » Ce rapprochement stratégique ne doit pas être qu’électoral : le système actuel dans lequel la moitié du pays regarde celui qui est élu [à l’Elysée] comme l’homme à abattre, du moins à flétrir, ne peut plus durer ! »

p.119 : Les Français sentent confusément qu’il faut changer d’ère. Pour preuve, les résultats d’un sondage Odoxa publié par Le Parisien au lendemain des régionales : 68 % des français jugent que ce serait « une bonne chose » si « la gauche, le centre et la droite parlementaire [les Républicains et l’UDI] se rapprochaient pour faire des propositions communes pour notre pays ».

p. 134 : Sur le diagnostic, aucun doute, la gauche française est en danger de mort. Les trois premières années du quinquennat l’ont démontré, elle est juste hors d’état  de gouverner à l’époque de la mondialisation. Parce qu’elle s’accroche à un logiciel datant du XXème siècle, pour ne pas dire du XIXème. La gauche française d’aujourd’hui rappelle irrésistiblement la gauche anglaise d’avant Tony Blair, l’old Labour de Harold Wilson, incapable de sortir de ses ornières traditionnelles. Comment camper sur un antilibéralisme primaire quand le libéralisme devient la règle dans le monde entier, même dans des pays encore dirigés par des partis communistes ? Comment tourner le dos à ce point au réel ? a un réel imparfait, violent, inégalitaire, scandaleux à bien des égards, mais à un réel qui s’impose partout ? Se transformer ou mourir, tel est aujourd’hui le dilemme de la gauche française et des écologistes.

p; 138 : « la « grande coalition » doit s’analyser comme une sorte de compromis historique. Qui durera ce que durent les compromis…

p. 142 : « la présidente du Front National a prédit dès novembre 2014 : » L’éventualité de notre victoire en 2017[…] va précipiter la recomposition du paysage politique en forçant les semblables qui jouent les différents à se rapprocher, voire à fusionner, pour sauver les meubles ». Naturellement, son vocabulaire n’est pas le nôtre. un gouvernement de grande coalition ne sera pas réduit « à sauver les meubles ». Il devra remettre la France en marche. (..) Mais oui,l’éventualité de sa victoire [Marine Le Pen] en 2017 va forcer les semblables qui jouent les différents à se rapprocher. Là encore, la présidente du Front National force le trait; Les républicains et le PS ne sont pas « semblables », ils sont les co-parrains d’une construction européenne qui oblige la France à s’adapter à la mondialisation libérale tout en la contestant. Une nouvelle fois, oui à davantage de régulation. Mais, dans ce cadre contraignant, droite et gauche n’en finissent pas de sur-jouer leurs différences.

p. 145 « 2017 sera un moment de vérité; Au moins l’entre-deux-tours. Les leaders de droite comme de gauche ne pourront plus « jouer les différents ». ils n’auront pas à se présenter comme « semblables », mais ils auront à accepter leurs ressemblances. ce qui les unit devra, au moins temporairement, être plus fort que ce qui les sépare.

p.148 : « Oui, enfin et surtout, à un gouvernement de « grande coalition » parce que, en 2017, la France ne pourra plus s’offrir le luxe d’une nouvelle présidence aboulique. L’ordre du jour sera chargé. Il faudra à la fois rompre avec notre culture étatiste; décréter l’An I de la révolution écologique ; définir un nouveau vivre-ensemble ; et refonder l’Europe. (..) La refonte de l’Europe,en particulier, nécessitera la mobilisation générale de tous ceux qui ont permis la création de l’euro. Depuis 10 ans, les présidents français, Nicolas Sarkozy comme François Hollande, font figure de petits garçons quand ils s’affichent aux côtés d’Angela Merkel. La patronne, c’est la chancelière ! Pas seulement parce que l’Allemagne a changé de dimension avec la réunification. Pas seulement parce que son économie est en meilleure santé ; mais parce que les présidents français ne représentent plus qu’un morceau de France.

p.152 : « Pourquoi ne pas le dire , Juppé nous semble avoir tout compris ! (…) mais la vraie transgression de Juppé est ailleurs, dans le fait de vouloir associer le camp d’en face à l’exercice du pouvoir. Naturellement, il avance sur la pointe des pieds; Juppé sait que, s’il est trop précis, la droite se sentirait trahie. Tout espoir de gagner la primaire s’évanouirait.

p. 153  « (…) Le maire de Bordeaux prend des risques; Mais il pense, à juste titre nous semble-t-il, que les français sont las des querelles de clocher. Des combats de coqs. Et demandeurs de concordance, voire de concorde, plutôt que de rixes.

p.156 : « Notre seul point de divergence avec lui [Juppé] réside dans une formulation qui sent, pour le coup, le Juppé old fashion : en 2017, il ne s’agira pas de réunir « les gens raisonnables » – encore une fois, personne n’a le monopole de la raison -, mais l’ensemble des formations qui partagent une approche pragmatique des questions économiques, et qui ont un commun désir de sauver l’Europe, en la reformatant. »

p.160 : « On le voit, un Sarko II ne ressemblerait pas à un Sarko I. Tout comme Hollande II ne ressemblerait pas à un Hollande I. Si  le passage à un gouvernement de coalition s’opère en 2017 en France, comme nous le souhaitons et comme nous le prévoyons, cela représentera une vraie… rupture. Une rupture avec nos moeurs monarchiques, et une entrée dans un nouvel âge de la représentation démocratique. Le respect entre partenaires et la recherche du compromis deviendront la règle. Pour la France, cela représentera une vraie révolution culturelle.

p.167 :  » A la vérité, nous sommes tous bi. Pas seulement bisexuels, comme l’a établi la médecine, mais bipolitiques. On peut être de gauche, tout en partageant certaines valeurs de la droite, et inversement. La gauche n’a pas le monopole du désir d’égalité, la droite, pas celui du désir d’ordre. Nous sommes même tri voire quadri. Tri, parce que à gauche comme à droite, beaucoup intègrent, et de plus en plus, l’impératif écologique. Quadri parce qu’il est de moins en moins rare de se sentir une autre affiliation, religieuse ou régionale. Dans ces conditions, des compromis sont possibles dans la plupart des dossiers. Pour que chacun admette qu’il ne détient pas LA vérité, mais une part de la vérité. (…) Pour que chaque formation accepte de considérer les autres formations pas seulement comme des adversaires, mais aussi comme des partenaires potentiels. mettre sa part de vérité dans le pot commun; Et considérer la part des autres, non pas avec suspicion, mais avec intérêt. Et même curiosité ! »

 

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