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Jouons collectif !

Article du Ouest-France du 1er mars 2018

Monsieur Guéguen, maire de Plouguernével, en charge des questions de santé du Pays Centre-Ouest Bretagne a souhaité réagir à l’une des questions écrites que j’ai posées à la Ministre de la Santé relativement aux Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) et la restructuration de l’offre de soins.

Je tiens à rappeler à M. Guéguen que je suis et que je resterai disponible pour échanger de vive voix avec lui sur les enjeux de santé. Je n’ai connaissance que partiellement de sa réaction écrite par voie de presse. Je préfère, pour ma part, la démarche constructive de deux élus en charge des questions de santé à GP3A et que je rencontre, à leur demande, lundi prochain. L’enjeu de la Santé est suffisamment fort pour épargner nos concitoyens de toute posture politique reposant sur les seules lamentations et interprétations caricaturales. Je sais le maire de Plouguernével soucieux et inquiet du devenir de l’organisation territoriale des offres de soins. Plutôt que de dénoncer et déformer ma démarche en direction de la Ministre, je l’invite à réunir nos forces pour informer Mme Buzyn, avec l’ensemble des élus, de notre volonté de participer à l’effort de transformation des GHT de notre territoire et dont l’organisation n’est pas finalisée.

S’interroger sur la restructuration des offres de soins relève de l’évidence. Nous arrivons au bout d’un système et il est urgent de repenser notre organisation par une transformation globale, cohérente et efficace du système hospitalier. Lorsque l’on regarde les indicateurs fournis par les hôpitaux, on constate que telle ou telle pratique hospitalière est deux ou trois fois plus fréquente, en proportion de la population, dans un département plutôt que dans un autre, sans qu’il n’y ait de véritables justifications scientifiques à cet écart.

Ma question écrite à la ministre renvoie à la situation financière des hôpitaux publics qui s’est fortement dégradée, du fait notamment de la baisse d’activité résultant du virage ambulatoire. Le fait que le patient ressorte de l’établissement le jour même pour rejoindre son domicile est une bonne chose. Le revers de la médaille c’est que la tarification à l’acte finance moins bien l’hôpital et c’est d’autant plus pernicieux quand il y a une baisse d’activité. La tarification reposant exclusivement sur l’activité, la T2A, présente des effets pervers et des inconvénients comme la compétition ou la nécessité d’accumulation des actes qui incite à une activité dont les professionnels perdent le sens. Il faut sortir de cette course aux actes. Le Président de la République a indiqué un objectif clair pendant sa campagne : 50% maximum de tarification à l’activité. Il faut donc préférer la coordination et la complémentarité des services.

Le temps passe et les déficits s’aggravent…

Le Premier ministre a d’ores et déjà annoncé que des propositions seront faites à la fin du mois de mai avec des moyens spécifiques, hors ONDAM (objectifs national des dépenses d’assurance maladie) et qui seront consacrés à l’accompagnement de la transformation de l’hôpital (1,7 milliard d’euros supplémentaires en 2018 a précisé Mme Buzyn dans sa réponse à une question de la députée Fiat le 13 février dernier). Des expérimentations seront même conduites dès cette année pour construire de nouvelles modalités de tarification. Faisons-en sorte que notre territoire en bénéficie plutôt que de stériles querelles par voie de presse. La Ministre de la santé a rappelé qu’elle était dans une période de concertation de mars à mai. Profitions-en !

Concernant les enjeux du numérique, ne pas faire profiter aux patients et aux personnels médicaux de la révolution et des avancées de l’e-santé serait une erreur. Il s’agit d’une des réponses à l’égal accès aux soins. Il faut faire bénéficier à tout à chacun des avancées de la technologie et de la télé-médecine. Les investissements attendus permettront d’améliorer rapidement les outils et les conditions de travail. J’attends des éclaircissements du Ministère sur ce point.
Je me réjouis que l’hôpital de Guingamp par exemple soit le premier établissement du GHT d’Armor à mettre en œuvre un « système d’information patient communautaire ». Au-delà du partage de l’information entre tous les professionnels de santé, l’objectif est de permettre l’accessibilité en ligne de toutes les données médicales pour les patients, la dématérialisation de toutes les prescriptions…
Autre enjeu primordial sur lequel nous devons orienter les investissements à venir : celui de la prévention. Aujourd’hui, notre système de santé ne met pas suffisamment l’accent sur la médecine préventive qui doit prendre sa part dans nos territoires. Comme le précisait la députée Fontaine-Domeizel en interrogeant le Premier Ministre le 13 février dernier, « il vaut mieux se prémunir de la maladie que d’avoir à remercier ceux qui nous ont soignés ».

Les élus doivent aujourd’hui jouer la carte du collectif, en résonnance avec les besoins de la population, pour veiller à ce que notre territoire bénéficie au mieux du plan gouvernemental de transformation de notre système de santé.

Enfin, on ne le répètera jamais assez, nos hôpitaux ne seront confortés qu’à la condition d’avoir le soutien et la confiance de la population qui fait le choix de s’y faire soigner.

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